Silence de Mgr Aillet : ma réaction.

Je suis en colère, comme sous le choc. Je tiens à dire à quel point j’ai été choquée devant la réaction de Mgr Aillet, après les révélations particulièrement graves, notamment de Cash Investigation qui l’accuse d’avoir sciemment gardé le silence sur des actes de pédophilie dans son diocèse.

Ma première pensée va aux victimes, pour lesquelles Mgr Aillet n’a pas eu le moindre mot de compassion, ni de contrition.

Ensuite, je tiens à apporter mon regard de juriste sur cette affaire. Dans la République, la justice divine ne l’emporte pas sur la justice humaine. Dans le Nouveau testament, le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel ne se confondent pas non plus : « rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu »…Comment Mgr Aillet peut-il dire qu’il « estime n’avoir pas contrevenu à la loi » ? Si, la non-dénonciation de crimes et délits de cette gravité est réprimée par la loi pénale.

Je pense aux victimes, surtout à celles qui auraient pu être évitées à chaque fois qu’un responsable de l’Eglise a, pour des raisons injustifiables, gardé le silence au lieu de permettre les poursuites, l’incarcération, les soins surtout, des auteurs.

De ma longue expérience d’avocate, au plus près de ces victimes, je sais qu’il ne peut y avoir de pardon, de réconciliation, de reconstruction si la justice ne passe pas.

Je pense aussi aux nombreux chrétiens troublés, peinés, qui ressentent de la honte à la découverte de ces comportements et de l’attitude, aux antipodes de leurs valeurs et de leur foi, de ceux qui les ont couverts par leur très grand mensonge.

Evidemment, on peut relever que nous venons d’allonger les délais de prescription pénale au profit des victimes.

Mais aujourd’hui je ne pense pas à cela, je pense à ceux et celles qui, cherchant la foi, ont perdu l’innocence. Et je suis en colère.